Mélissa Bouchard Publié le 7 avril 2017 par | Mis à jour à 07:30

Saint-Sauve-moé : découvrir Saint-Sauveur autrement

Saint-Sauve Paul

Image : Paul Fruteau de Laclos

Sixième pinte, c’est la rencontre des univers de Réjean Ducharme, Roger Lemelin et Dostoïevsky. La fougue de la jeunesse et l’ivresse de l’hiver se rencontrent sur Saint-Vallier Ouest, au bout de laquelle une lumière bleutée commence à poindre au travers des buildings de la Haute-Ville. Ils sont jeunes et ivres. Ils ont le nez gelé mais n’ont pas froid aux yeux. Ils parcourent le quartier – titubant à peine, mais claudiquant sûrement — en patriotes du houblon. Chauds et chauvins par dessus le « marcher ».

Une tournée griffée

PaulÀ l’hiver 2015, deux résidents du quartier Saint-Sauveur ont eu l’idée d’un événement : le Saint-Sauve moé. Le concept va de soi et consiste en une tournée des bars de « St-So – le prochain quartier cool ». Prémonition ou évidence ? Il est vrai que la rue Saint-Vallier Ouest s’est métamorphosée au cours des dernières années, et la réputation de ses établissements n’est plus à faire. Le quartier n’est plus une destination : c’est un passage obligé. L’édition 2017 était donc attendue et fut elle aussi un succès sur toute la ligne.

Résidents, anciens résidents et amis du quartier se rassemblent pour l’aspect événementiel et pour l’aventure que cette tournée implique. Une forme d’épopée ou d’odyssée, pourrait-on dire ! Personne ne sera surpris d’entendre qu’une virée dans Saint-Sauveur n’a rien à voir avec celle qui aurait lieu sur Grande-Allée. Ni dans Saint-Jean-Baptiste. Ni dans Limoilou ni dans Saint-Roch. Saint-Sauveur est encore unique en son genre aux yeux de plusieurs : beaucoup plus développé qu’à la première édition, mais pas encore trop connu du grand public.

Au début de la soirée, chaque participant a enfilé un t-shirt blanc sur lequel est écrit le nom de l’événement. À chaque établissement, barmans et barmaids sont invités à laisser leur griffe sur ledit gaminet, qui se personnalisera tout au long de la soirée selon l’ambiance des pubs, bars, microbrasseries et tavernes. Clients et camarades seront aussi autorisés à immortaliser la soirée à leur façon ! Évidemment, le résultat n’est jamais grivois…

AnnieEntre Labatt 50 et stout impériale

L’Enjeu (le Kirouac), le Duck, le Red Lounge, Chez Girard, le Griendel, chez Jos Dion, Quartier Général : sept destinations qu’une douzaine de participants prendront d’assaut tout au long de la soirée, accumulant pintes, pichets et shooters. Malgré les apparences d’une banale tournée des bars où le but ne serait que de se saouler, l’événement est né de l’amour du quartier. De l’envie de lui rendre hommage et d’encourager les commerçants d’un endroit encore authentique. Ici, la bonne vieille Labatt 50 côtoie fièrement la India Pale Ale et la stout impériale.

Les bars, à l’instar des cafés, deviennent le parlement du peuple. Habitués et fêtards s’y mêlent et y fraternisent. L’énergie est contagieuse. Les plus vieux sont nostalgiques des belles années, les plus jeunes profitent de l’instant, n’espérant que deux choses : que la migraine ne sera pas au rendez-vous le lendemain et que la poutine sera bonne.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’une initiative bien originale pour s’approprier son quartier et le faire découvrir à ses proches. Au bout de la sixième pinte, et de la sixième heure de griserie, une fois que la lumière des réverbères a laissé sa place à celle de l’aube, quand le lit semble si loin… par chance que « St-So » est si belle !

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Publié dans Divertissements

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