Céline Fabriès Publié le 28 février 2017 par | Mis à jour à 17:00

Conseils de quartier : la politique y a-t-elle sa place ?

chantal-gilbert

Plusieurs conseillers municipaux du parti majoritaire se plaignent de la mauvaise ambiance qui règne dans les conseils de quartier et certains désertent les réunions mensuelles. Monsaintsauveur a rencontré les trois conseillères de l’Équipe Labeaume de La Cité-Limoilou pour connaître leurs sentiments.

Chantal Gilbert

Chantal Gilbert a été élue dans le district du Faubourg en 2009 avant d’être élue dans le district Saint-Roch–Saint-Sauveur en 2013. Elle est membre de l’exécutif et responsable des dossiers liés au développement social.

Madame Gilbert ne trouve pas les réunions de ses deux conseils de quartier très agréables. Pas à cause des membres des conseils de quartier, mais à cause de certains citoyens dans la salle qui « amènent une énergie négative ». Elle compare ses deux conseils de quartier à « un tribunal populaire » et dit se faire « souvent chahuter ». Peu présente aux réunions sauf quand il y a une consultation publique, la conseillère municipale se défend quant aux raisons de ses absences que lui reprochent ses adversaires.

Si je ne suis pas là, ce n’est pas parce que je suis chez moi à me prélasser devant ma TV. Si je ne suis pas là, c’est parce que j’ai autre chose. J’ai beaucoup de réunions, je suis sur plusieurs conseils d’administration en plus de l’exécutif. »

Madame Gilbert regrette la politisation en particulier avant les élections. « Certains veulent se faire de la publicité, mais on ne devrait pas être des cibles. »

Selon Chantal Gilbert, dans un conseil de quartier, « les gens devraient s’intéresser aux problèmes du quartier » et ne pas parler des enjeux de la Cité-Limoilou et des enjeux politiques qui s’adressent à deux autres paliers, le conseil d’arrondissement et le conseil de ville.

Chantal Gilbert n’a toujours pas confirmé sa candidature aux prochaines élections municipales et ce qu’elle vit actuellement a « une forte incidence » sur sa réflexion pour se représenter ou non.

genevieve_hamelinGeneviève Hamelin

Élue du district Maizerets–Lairet depuis 2013 et ancienne conseillère municipale de Saint-Sauveur de 2009 à 2013, Geneviève Hamelin est issue des conseils de quartier. En effet, elle a été membre du conseil de quartier de Saint-Sauveur de 2006 à 2008 avant de faire le saut en politique.

Selon madame Hamelin, la présence de l’élu est importante au conseil de quartier et le côté politique fait partie de la game.

Je considère que c’est une des tribunes qui sont mises à la disposition des citoyens pour entrer en contact avec les gens qui sont mandatés pour les représenter, c’est-à-dire les élus. »

Même s’il y a peu de citoyens présents lors des réunions, la conseillère de Maizerets–Lairet estime que les membres du conseil de quartier sont là pour amener des idées. Elle rappelle également que les membres du conseil de quartier sont bénévoles et qu’on ne peut pas s’entendre avec tout le monde comme dans n’importe quel milieu.

Ce sont des gens qui donnent de leur temps pour s’investir dans leur communauté et pourvoir au bien-être de leur quartier. Mais c’est comme dans tout, il y a des gens avec qui on a plus d’affinités et d’autres avec qui on en a moins. C’est comme dans tout milieu de travail, dans tout comité. »

Depuis septembre, Geneviève Hamelin a raté la réunion de novembre dans Maizerets et celle de septembre dans Lairet.

Suzanne Verreault

Élue du district Sylvain-Lelièvre en 2009 puis du district de Limoilou en 2013, elle assume également la présidence de l’arrondissement de La Cité-Limoilou et siège aux conseils d’administration d’ExpoCité et du RTC.

suzanne_verreault2Madame Verreault ne rencontre pas vraiment de problème au sein des deux conseils de quartier où elle siège, Lairet et Vieux-Limoilou, et elle trouve que « cela fait partie intégrale » de son rôle.

Je me fais un devoir d’y assister, il faut que j’aille entendre [les citoyens], même s’il n’y a pas une grande participation citoyenne. […] Mais il y a des bénévoles qui sont là et il y a beaucoup d’initiatives qui sont nées des conseils de quartier. »

Si les choses se passent bien pour la conseillère municipale de Limoilou, elle sait qu’elle a des adversaires politiques qui siègent aux conseils de quartier et que certains vont peut-être se présenter aux prochaines élections.

Du moment qu’on ne fait pas de débat politique au conseil de quartier, je respecte que quelqu’un envisage de se présenter en politique. Je ne voudrais pas que ça tourne en foire politique, ça je n’aimerais pas ça parce que je n’ai jamais fait de politique dans mes conseils de quartier. J’ai toujours été à l’écoute, en accompagnement. »

Depuis septembre, Suzanne Verreault n’a pas assisté aux réunions de septembre et d’octobre dans Vieux-Limoilou et Lairet pour des raisons de santé.

Le maire de Québec n’en veut pas à ses conseillers municipaux de ne pas assister à leur conseil de quartier si les réunions tournent aux règlements de compte politiques. Régis Labeaume n’a aucun problème avec les absences du moment que ses conseillers consultent les citoyens « d’une façon ou d’une autre » tout au long de l’année.

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Publié dans Politique

1 commentaire

  • Bonjour,

    Tout d’abord, j’aimerais sincèrement remercier madame Verreault pour ses propos. Je ne la connais pas, et il n’est pas question d’être ou non en accord avec les politiques ou règles de son administration, mais j’apprécie grandement son respect pour la participation citoyenne exprimé dans cet article.

    Des comités de citoyen(nes), qui par définition sont contestataires, déplorent que certaines conseillères, notamment mesdames Gilbert et Hamelin, refusent de leur parler. Je ne sais pas à quel point cela est véridique ou objectif et je me disais que ce serait important de faire un article journalistique sur la question. J’ai entendu ces propos avant avant les fêtes et j’avais complètement oublié ce projet d’article… C’est peut-être une question que Céline Fabriès pourrait poser aux conseillères.

    Je n’aime pas l’attitude prôner par l’équipe Labeaume qui tend à dire *Nous* sommes les élus, *Nous* sommes mandatés pour diriger et vous pouvez nous poser des questions bien humblement à l’Hôtel de Ville.

    – Je n’ai jamais accepté que les gens soient obligé de s’exprimer sous la forme passive de questions à l’Hôtel de Ville (norme qui existait avant Labeaume je crois bien): j’estime que les gens doivent pouvoir exprimer leurs doléances en leurs mots, à leur manière. Les élus sont assez intelligents pour comprendre la question ou l’enjeu.

    – Plus fondamentalement, il est plus démocratique et honorable de se voir comme étant *sous* le peuple plutôt que cette attitude patronale où on sent clairement que certains s’estiment au-dessus…

    Je sais très bien que beaucoup de gens, qui ne participent pas à la démocratie entre les élections, veulent plutôt des décideur(euse)s qui consultent peu ou pas. Or, il existe toujours des intérêts divergents entre les groupes au sein d’une société. On doit au moins les entendre pour de vrai et chercher la solution la plus respectueuse des divers intérêts.

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